Nike 3

Tous ceux qui ont assisté au cinéma à des retransmissions en 3D de rencontres de la coupe du Monde de la FIFA ne peuvent pas avoir oublié la phénoménale vidéo ‘Write the Future’ de Nike. Pour ce spot de trois minutes, c’est le prestigieux réalisateur Alejandro Gonzáles Iñárritu qui a été engagé. Oui, le génie qui nous a donné des perles comme ‘Amores Perros’, ‘21 Grams’ et ‘Babel’. Plusieurs stars du ballon rond ont participé à ce tournage: Ronaldinho, Rooney, Cristiano Ronaldo, Cannavaro, Ribery et Drogba. Ils ont été filmés à des moments cruciaux d’un match qui pouvaient faire d’eux un héros ou un zéro absolu. Gloire ou déchéance. Pas de demi-mesure. Dans cet exercice passionnant, on retrouve la patte Iñárritu, cette inimitable construction éclatée. Tout le monde adore les bonnes histoires, ce qui explique pourquoi ce court métrage a déclenché dans les salles et au-delà tant de réactions enthousiastes. Rien n’est plus fort que les associations positives que les consommateurs gardent en mémoire grâce à une ligne narrative forte.

 

Le storytelling gagne en importance au sein du monde publicitaire. Ces dernières années, les univers du cinéma et de la publicité se sont aussi considérablement rapprochés. Des réalisateurs renommés ont été sollicités pour tourner des spots et créer une atmosphère originale, unique. De plus en plus, les spots publicitaires vont ressembler à de mini films.

 

Pensez au spot de Chanel N° 5 mis en scène par Jean-Pierre Jeunet. Pour le légendaire parfum, le réalisateur français a utilisé la même palette de couleurs et la même actrice que pour son chef d’œuvre, ‘Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain’. Spike Jones (‘Where The Wild Things Are’) a, pour sa part, été engagé par la marque de Vodka Absolut avec une mission : tourner un véritable court-métrage. On n’y voit pas une seule bouteille d’alcool. C’était précisément l’objectif. Le message est beaucoup plus subtil: Absolut est une entreprise qui offre toute latitude à la créativité. Dior n’est pas en reste en demandant à David Lynch de réaliser un court métrage avec comme ingrédients: un sac à main, l’Oriental Pearl Tower et le vieux Shanghai. Chacune de ces créations est un bijou qui a été très apprécié par le public.

 

Que ces œuvres de commande puissent vivre une existence autonome sur Internet est une vraie satisfaction mais c’est naturellement sur grand écran qu’ils développent complètement leur potentiel. Ils introduisent magnifiquement le film et enrichissent considérablement l’expérience cinématographique du spectateur.